C’était un accident

/!\ Ce tome est le troisième de la saga. Dans la suite de cette chronique, il y a donc de forte chance pour que je parle de choses qui se sont passées dans les tomes précédents dont tu peux lire mes avis ici

Si tu n’as pas lu les tomes précédents ou si tu ne les as pas finis, ne poursuis pas la lecture de cet article 🙂

Couverture du livre C'était un accident d'Isabelle Lagarrigue

Date de parution : Juin 2019

Je m’appelle Prune. J’ai quatorze ans et quatre mois. Je suis hypersensible (il paraît), ROUSSE (je ne peux pas le nier) et accro aux listes (ma VIE). Je suis en internat depuis le mois de septembre (à ma demande) car je ne supportais plus de vivre avec mes parents et mes sœurs jumelles de cinq ans .Je ne le sais pas encore, mais dans quelques jours ma vie va basculer. Pas besoin de s’appeler Einstein pour deviner qu’il y aura un avant et un après et que l’enquête, que je mènerai pour comprendre, m’apportera plus que la vérité. Un roman qui parle d’adolescence, d’amitié virtuelle et IRL, de confiance en soi, de deuil et… d’amour.

POURQUOI J'AI EU ENVIE DE LE LIRE ?

Comme souvent pour mes lectures de la semaine, je vais faire un tour du coté des livres gratuits sur Amazon (étant donné que j’ai une Kindle, ça me permet de les envoyer rapidement dessus sans devoir passer par mon pc pour convertir un epub au bon format..). J’ai l’abonnement prime, et ce livre était disponible gratuitement à l’emprunt. Je ne saurai pas trop dire pourquoi, mais le résumé m’a attirée. En regardant les avis des lecteurs, j’ai vu qu’ils étaient positifs. Je ne pense pas que je serai allée de moi-même vers cette histoire, mais là, j’ai envie de tenter le coup.

CE QUE J'EN AI PENSÉ

Le livre est écrit sous la forme d’un journal intime, celui de Prune, une jeune fille rousse. Aïe aïe aïe. Je n’aime pas les histoires racontées sous forme de journal. Ça commence mal.

Au fil de ma lecture

Ne pas ouvrir si tu as l'intention de lire le livre

Prune a 14 ans et ne se sent pas à sa place chez elle. Elle a alors demandé à ses parents de l’envoyer dans un internat où elle a l’air de se plaire et de s’être fait des amis.

Au début du livre, elle est de retour à la maison pour les vacances de Noël et semble s’ennuyer.

L’écriture du livre fait vachement ado, et, personnellement, je trouve que tout sonne faux :/ Mais bon, j’ai passé l’adolescence il y a un moment, peut-être que ça joue un peu :p
Même ses amis du pensionnat sont clichés : Addison, la jeune fille superficielle qui décide de tout à la maison et qui a des parents trop cool (un père coach sportif et une mère américaine journaliste de mode). Lucas, le beau gosse un peu mystérieux. Mathilda, la coloc de chambre un peu timbrée et excentrique.

4 janvier. Retour à l’internat après des vacances ennuyeuses. Le dimanche soir, son amie Addison a fait en sorte d’occuper Maya, leur surveillante, pour que Prune puisse faire le mur et rejoindre Lucas dans la maison des garçons. Lucas est, selon Addison, le petit ami de la jeune fille. Ils s’embrassent pour la première fois.

Mode parano on – j’ai l’impression que Lucas et Addison se moquent de Prune avec cette relation – mode parano off.

Jeudi 8 janvier. Prune est appelée dans le bureau du directeur. Sa mère est morte. Dire qu’elle se plaignait encore d’elle 2 jours plus tôt parce qu’elles n’arrivaient pas à communiquer. Cette annonce lui tombe dessus comme un coup de massue. (Et moi aussi ; je ne m’attendais pas du tout à ce genre d’informations étant donné la légèreté du livre jusqu’à présent).

Le lendemain, quand Prune prend le carnet que sa mère lui a offert à Noël et dans lequel elle y note ses listes, elle est surprise de voir que sa mère a répondu à une seconde liste. Elle est de nouveau dévastée de lire les mots de celle qui n’est plus là.

Oh bon sang le livre est triste en fait… moi je lis ça avant de dormir… ça va me foutre le cafard c’est sûr.

Prune est submergée par les regrets. Elle aimerait tant pouvoir revenir en arrière et changer sa façon d’être avec sa mère, apprécié chaque moment passé avec elle, chaque discussion, et surtout lui dire combien elle l’aime.

13 janvier. Jour de l’enterrement.
Il y a beaucoup de monde. Des collègues de sa mère, des voisins, des amis, des commerçants. Certains amis d’enfance de Prune, Maya et Audrey, sa prof de français, même Mathilda est là. Mais bizarrement, ni Addison ni Lucas ne sont venus… Ils se sont contentés d’un SMS… Pfff…

En plus d’être difficile pour Prune et son père, la situation est d’autant plus délicate qu’il y a les jumelles de 5 ans qui ne cessent de réclamer après leur maman 🙁 Comment leur expliquer ?

21 janvier. Il est temps de retourner à l’internat et ce retour est étrange. Les gens semblent gênés et même Addison ne sait pas comment se comporter avec Prune, d’ailleurs, elle l’évite, tout simplement (purée…. Elle a juste besoin que tu sois comme avant… ne la prend pas en pitié !).

Les semaines passent. Voilà plus d’un mois que sa mère est décédée et pourtant sa peine ne faiblit pas. Cela dit, en week-end chez elle, elle passe du temps avec Antoine, son ami d’enfance. Le jeune homme se comporte « normalement ». Prune passe un bon moment et rentre chez elle allégée d’un poids. Un instant sans pitié, normal dans la vie d’une adolescente. Ça lui a fait du bien.

En fait, on a l’impression que pour la protéger, son père refuse de parler de sa mère et de l’accident de voiture qui a causé sa mort. Sauf que Prune en a besoin. Je pense qu’elle a justement besoin d’en parler pour faire son deuil. Elle se sent seule et abandonnée. Elle refuse de faire comme si rien ne s’était passé. A mon avis, elle a vraiment besoin d’exprimer à voix haute ses ressentis, sauf que son père ne le comprend pas 🙁

Sa mère travaillait sur un prototype de robot capable de discuter avec les enfants difficiles. Son équipe l’a donnée à Prune. Il était prévu que ce soit elle qui le teste pour donner son avis à sa mère (malgré ce qu’elle pensait, sa mère avait une haute opinion d’elle et, je pense qu’elle a travaillé sur ce robot pour pallier au fait qu’elle-même n’arrivait pas à communiquer avec sa fille).

Le robot de Sophie (la mère de Prune) a l’air génial. Il a la forme d’un galet qui s’illumine uniquement en présence de l’ado (dès que d’autre personne sont dans le coin, il se met en veille pour passer inaperçu), il arrive à capter l’état émotionnel de l’enfant, il a été programmé avec des souvenirs et les goûts de celui-ci. C’est comme si c’était sa conscience en quelque sorte. Il ne peut pas trahir, ne dramatise pas. Au contraire, il valorise et encourage l’enfant. Il a aussi une programmation un peu plus psychologique pour guider et conseiller l’ado, il est relié à un internet, …
Bref, il a l’air top, même si, selon moi, tout ce que fait ce robot devrait en réalité être fait pour un parent (ou quelqu’un qui fait office de parent). Il a une durée de vie de 160 jours soit environ 5 mois.

Ça me fait penser à un épisode de Black Mirror, celui avec Miley Cyrus où une poupée robot à l’effigie de la chanteuse est créée et devient une “amie virtuelle” pour les enfants. Je te mets la bande annonce de l’épisode si tu veux y jeter un œil.

2 mois. Voilà 2 mois que sa mère est morte. Pour le moment, la seule échappatoire qui lui fait du bien c’est d’aller courir. Une fois encore, pendant son moment, elle rencontre Antoine. Mais elle se braque. Le jeune homme a l’air disposé à l’écouter, mais elle n’est pas prête à parler.

Rho… Le père de Prune semble cacher des choses au sujet de l’accident. Et si Sophie avait pris la voiture pour faire une surprise à Prune ? Ça expliquerait pourquoi son père ne lui explique pas tout, pour éviter qu’elle ne culpabilise ?

Quoi qu’il en soit, Prune veut comprendre ce qu’il s’est passé. Elle va essayer de mener son enquête et, la seule personne de qui elle se sent tellement proche pour l’aider c’est Mathilda. C’est toujours dans ce genre d’épreuve que tu te rends compte de qui sont vraiment tes amis… Addison et Lucas sont faux…

Même si Prune affirme qu’elle n’aime pas Spring, le robot inventé par sa mère, elle l’emmène avec elle à l’internat. Le prototype impressionne beaucoup Mathilda. On apprend que Sophie s’est servie de sa fille comme « modèle », comme inspiration pour mettre au point le robot.

J’adore Mathilda. Elle ne juge pas, n’est pas gênée par ce qui est arrivé à Prune. Elle est là pour elle et c’est le principal. Je crois même qu’elle lui redonne le sourire. En tout cas, elle joue le jeu de l’enquête et va même aller passer le week-end chez la jeune fille pour chercher des preuves 🙂

Le week-end venu, les filles gardent les jumelles, permettant au père de Prune de sortir. Une fois les fillettes couchées, les adolescentes en profitent pour se faufiler dans la chambre parentale afin d’y trouver l’agenda de Sophie. Elles le repèrent bien vite. Le père de Prune s’en sert de journal. Il y écrit le déroulé de la journée et fait comme s’il s’adressait à sa femme. Sa façon à lui de faire son deuil j’imagine
S’en est trop pour Prune qui demande à son amie de jeter un œil à la date du 7 janvier. Mais il n’y a rien à cette date, si ce n’est le dessin d’une étoile. Qui l’a fait ? Pap’s ? Mam’s ? Un mystère de plus à éclaircir.

J’aime beaucoup l’idée du cimetière virtuel de Mathilda. D’ailleurs, quand j’y pense, je sais que certaines personnes écrivent toujours sur les Facebook de personnes décédées…

Oh bon sang ! Mathilda a trouvé un appel à témoin concernant l’accident de voiture de Sophie. La route était détrempée. Sa voiture et une camionnette se sont rentrées dedans de plein fouet. La camionnette a écrasé l’habitacle de la voiture. Malgré l’intervention rapide des secours, Sophie est morte sur place. L’autre chauffeur est dans un état grave. Il a été placé en coma artificiel.
Personne ne sait vraiment ce qu’il s’est passé. Une enquête est d’ailleurs en cours, d’où l’appel à témoin.

Spring et Mathilda sont les 2 rayons de soleil dans la vie de Prune en ce moment ^^ Même si Spring n’est qu’une machine, le robot lui fait du bien, et la réconforte à sa façon.

Mathilda propose une idée folle a sa coloc : se rendre sur les lieux de l’accident et interroger les commerçants. Je l’apprécie vraiment beaucoup cette fille. Elle est enthousiaste, sincère, spontanée et vraie. Le genre d’amie qu’on aimerait tous avoir.

Leur enquête fait chou blanc. Aucun des commerçants ne leur apprend quelque chose d’utile.

5 mai. Jour de la fête des mères. Une journée éprouvante pour Pap’s et Prune, surtout quand les jumelles donnent les cadeaux qu’elles ont fait à l’école.
Pour évacuer sa colère, elle va courir. Elle tombe sur Antoine qui lui demande comment elle va aujourd’hui. Alors, Prune lui ouvre son cœur et déballe tout. Le jeune homme l’écoute, la raccompagne chez elle puis lui dit simplement qu’elle y arrivera. Même si, sur le coup, ça agace Prune qu’il n’ait pas réagi davantage, je trouve au contraire la réaction d’Antoine appropriée. Je l’apprécie. En fait, je préfère nettement Antoine et Mathilda à Addison et Lucas. D’ailleurs, je pense que Prune est amoureuse d’Antoine (même si elle ne s’en rend pas compte pour le moment).

Ah Mathilda pense comme moi concernant le jeune homme. Pour elle, il se préoccupe d’elle, et il n’a rien dit, parce que parfois, il vaut mieux ne rien dire (j’ai déjà dit que j’aimais beaucoup Mat ?). Ses mots font mouche dans la tête de Prune (qui considère à présent sa colloc’ non pas comme sa meilleure amie mais carrément comme son âme sœur, alors qu’elle ne l’appréciait pas au début :)).

Bizarrement, Prune et son père ont la même façon de surmonter cette épreuve. Chacun d’eux écrit régulièrement à Sophie.

Voilà 5 mois que Sophie est morte. J’ai l’impression que Prune commence à s’adapter à cette absence. Son amitié avec Mathilda et la « présence » de Spring l’aide beaucoup. J’espère sincèrement qu’elle pourra le garder… Logiquement, l’expérience va finir dans quelques jours, mais je trouve qu’il lui fait vraiment du bien et, mine de rien, la jeune fille s’est attachée à lui.

Le jour de la séparation avec Spring approche. J’ai l’impression que Prune va mieux, son père également. Tout ne sera jamais plus comme avant, mais la jeune fille se sent mieux intégrer dans sa famille et envisage même de rester avec eux l’année prochaine (et donc de ne pas repartir à l’internat). Son père lui propose de partir en colo’ avec Mathilda avant qu’il ne partent en vacances tous les 4. Il a repris du poil de la bête 🙂

Antoine est clairement amoureux d’elle hein :p Il sait qu’elle dépose des lettres pour sa mère sur sa tombe. Alors il a mis une boîte avec le symbole d’une mouette qui tient une lettre. Comme ça, la lettre est protégée. Il est trop chou ^^

Mathilda est une vraie bouffée d’oxygène ! J’aurai vraiment aimé avoir une amie comme elle (et j’aimerai toujours d’ailleurs), qui me pousse à lâcher prise de temps en temps et juste à profiter de l’instant sans faire ma maniaque du contrôle (qui fait des listes pour tout, comme Prune).

Pour fêter la réussite du brevet, Mathilda et Prune se rendent à une fête organisée à l’internat. Comme ma parano le sentait au début, Lucas et Addison sont faux : ils ont fait un pari. Lucas devait sortir avec une rousse pour vérifier la couleur de ses poils pubiens… comme Prune lui résistait, il a renoué avec elle à cette soirée et c’est la nouvelle amie Addison qui est venue la prévenir.

La jeune fille, blessée, sort prendre l’air. C’est alors qu’Antoine vient à sa rencontre. Il ne fait pas partie de l’internat (il ne devrait même pas être là), mais il voulait la voir.

Oh bon sang. Il a mené l’enquête pour elle. Il a réussi à lire le dossier de la police (son oncle y travaille) ; il a toutes les réponses. Gaspard, le chauffeur qui est rentré dans la voiture de Sophie est un nouveau médecin de garde de l’hôpital du coin. Il se rendait à l’hôpital pour voir sa femme enceinte qui avait fait un malaise. Il a grillé le feu rouge. La mère de Prune quant à elle, se rendait à un rendez-vous.

Sophie avait décidé de se faire tatouer 3 petites étoiles sur le poignet, une pour chacune de ses filles. Elle n’en avait parlé à personne, mais elle était impatiente de le leur montrer 🙁

Le jour du départ de la colo, Antoine vient dire au revoir à Prune et ils s’embrassent enfin. La jeune fille est heureuse.

Oh ! La lettre pour sa mère… ça m’a achevée 🙁

[fermer]

En conclusion

Ce livre a été une claque pour moi. Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit si dur à lire.

Au départ, je me suis dit que j’allais détester. Tout dans la façon dont il est écrit ne me plait pas : un journal écrit par une ado de 14 ans qui déteste ses parents, qui râle / se plaint, etc. Puis est arrivé l’accident et là, tout a changé.

On vit le deuil au travers les yeux d’une enfant de 14 ans. On découvre sa culpabilité, son manque, sa détresse. On ressent toute sa peine. Ce livre m’a énormément émue et bouleversée. Je ne m’y attendais pas du tout.

On découvre aussi à quel point les relations sont importantes lorsqu’on est amené à traverser ce genre d’épreuves et que, bien souvent, les personnes qui étaient des amis à nos yeux ne le sont pas vraiment, alors que d’autres le deviennent…

Ce livre parle  de deuil, d’amour et d’amitié. Il nous rappelle aussi qu’il faut profiter de chaque instant, même si, sur le coup, il nous agace. Chaque moment passé avec les gens qu’on aime est important.

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Le livre est disponible sur :

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