Château hanté

/!\ Ce tome est le troisième de la saga. Dans la suite de cette chronique, il y a donc de forte chance pour que je parle de choses qui se sont passées dans les tomes précédents dont tu peux lire mes avis ici

Si tu n’as pas lu les tomes précédents ou si tu ne les as pas finis, ne poursuis pas la lecture de cet article 🙂

Couverture du livre Château hanté de Maurice Renard

Date de parution : 1920

Le docteur B. se rend au château de Sirvoise, appelé par le duc de Castièvre qui lui demande de lui consacrer du temps pour lui prodiguer soins et attention. À son arrivée, il se rend compte en effet que le duc n’est pas dans son état habituel. Celui-ci lui avoue qu’il a acheté le château pour une bouchée de pain, sous prétexte qu’il était hanté, mais depuis, les gens l’accusent d’avoir monté cette fable. Pour dérider le duc, notre docteur lui propose d’organiser un bal costumé au château. Durant le bal, notre duc déguisé en Charles Quint harangue la statue équestre de François Ier qui s’anime. Mais, est-ce bien monsieur de Rocroy, le fiancé de la soeur de la duchesse de Castièvres, qui est dans l’armure ?

POURQUOI J'AI EU ENVIE DE LE LIRE ?

J’ai découvert cette nouvelle par hasard. Le titre et le résumé m’ont interpelée ; pourtant, il s’agit d’une nouvelle et je n’aime pas ça… Nous verrons bien.

CE QUE J'EN AI PENSÉ

Au fil de ma lecture

Ne pas ouvrir si tu as l'intention de lire le livre

Le duc de Castièvre vient d’acquérir le château de Sirvoise (qui semble être célèbre). Le narrateur (dont on ne connaît pas le nom) y a été invité par le Duc lui-même. On dirait qu’il est médecin. Les deux hommes semblent amis. Le narrateur se fait donc une joie d’y aller pendant ses vacances.

En réalité, c’est la Duchesse qui a conseillé à son époux de recevoir son ami. Selon elle, M. de Castièvre va mal depuis qu’ils ont déménagé au château.
Au départ, tout se passait bien. Le Duc prenait soin de son acquisition, se renseignait sur son histoire. Puis, son hypocondrie est revenue alors que tous le pensaient guéri.

M. de Castièvre confie à son ami que quelque chose le tracasse : il convoitait le château depuis un moment et il l’a finalement eu pour une bouchée de pain. Celui-ci a la réputation d’être hanté ! Cependant, dans les environs, les villageois accusent le Duc d’avoir colporté cette rumeur pour faciliter la transaction.

Pour pousser son “malade” à se confier davantage, le narrateur feint de s’intéresser à la rumeur. Hanté ? Il veut en savoir plus ! Cependant, le Duc le rassure en lui disant qu’il n’y croit pas une seule seconde et que, peut-être, il a lui aussi participé à la mise en place de ses ragots…

Le médecin aurait aimé lui conseiller de faire un voyage pour se remettre, mais son ami ne veut pas quitter Sirvoise. Alors, il lui suggère de faire des activités qui lui remontent le moral en général : du sport, la fête et voir du monde. Mais le Duc lui affirme qu’il est tellement bien seul.

Le docteur insiste, mais M. de Castièvre trouve toutes les excuses du monde pour ne pas faire de fête, comme si quelque chose l’en empêchait ou qu’il avait peur.

Leur discussion s’arrête pour laisser place au dîner. Les deux amis, la Duchesse, la baronne Diane de Soucy (la soeur de la Duchesse) et son fiancé, comte de Rocroy, passent une bonne soirée et celle-ci semble faire du bien au Duc : il retrouve un peu de joie et de vitalité. Le docteur se conforte alors dans l’idée qu’un peu de vie au château guérira son patient.

On sent vraiment que le château est devenu une obsession pour le Duc. Il en connaît parfaitement l’histoire, le considère comme un lieu de souvenirs à préserver. En fait, c’est comme si le château était une personne qu’il se devait de respecter.

Le Duc lui fait ensuite visiter sa nouvelle demeure et s’attarde sur une salle où se trouve des armures. Pour être tout à fait honnête, j’ai lâché à ce moment de l’histoire. On sent l’engouement du Duc pour la pièce et pour ses “trésors” mais je ne m’y retrouve pas, je n’arrive pas à m’imaginer l’endroit.
C’est à ce moment que le docteur comprend : le Duc aime revivre les souvenirs de cette époque. Il lui conseille alors d’organiser un bal costumé où tous les convives devront venir habillés à la mode de l’époque qu’il affectionne tant. Cette idée ravie M. de Castièvre qui veut tout de suite prévenir sa femme et organiser l’évènement.

Durant trois semaines, tout le château de Sirvoise était en plein préparatif. Chacun garde pour lui son costume pour ne le révéler que le jour du bal. Cependant, étant donné sa carrure et son implication dans la préparation du bal, M. de Rocroy a été choisi pour se déguiser en François Ier, l’un des anciens propriétaires du château.

Voilà enfin le soir du bal par une belle nuit d’été. Celui-ci aura lieu dans la salle des Gardes, une salle qui avait mis un peu mal à l’aise le docteur (toutes ses armures lui donnaient l’impression qu’elles étaient “vivantes”, habitées par des squelettes).

Le Duc de Castièvre a choisi de se déguiser en Charles Quint. Et là, c’est le drame… Le docteur fait des remarques à ce sujet, mais malheureusement, je ne sais pas de qui il s’agit et ne comprends pas les références du coup. Peut-être qu’une note de bas de page aurait été la bienvenue. Idem pour Mme de Castièvre et la baronne, respectivement déguisées en duchesse d’Etampes et Marguerite de Navarre.
Bon… Toute l’arrivée des invitées m’échappe parce que je ne connais aucune des références au personnages qui y sont faites. Du coup, rien ne me parle, je n’arrive même pas à visualiser les costumes 🙁 

M. de Rocroy a eu un empêchement de dernière minute et arrivera plus tard. C’est donc au duc de “mener la danse”. Il arrive à occuper ses invités jusqu’aux environs de minuit, puis, il se lance dans des histoires sur le château, sur l’armée. Il “provoque” même l’armure équestre de François Ier (le Duc est déguisé en roi d’Espagne qui combattait le roi de France). C’est alors qu’une chose extraordinaire s’accomplit : l’armure bouge et se met à rire, puis descend de son cheval. Tout le monde pense que c’est une mise en scène et que c’est M. de Rocroy sous l’armure. Cependant, le Duc est blanc comme un linge. Néanmoins, tous sont persuadés qu’il s’agit du militaire et continue la soirée comme si de rien n’était. Tous sauf le Duc. Il est toujours effrayé et son effroi est d’autant plus important quand il voit, à la porte, M. de Rocroy.

Quand ce dernier appelle sa fiancée qui est au bras de l’armure (en pensant qu’il s’agit de Maurice), tout le monde se rend compte que la personne avec Diane est inconnue. D’ailleurs, quand celle-ci veut rejoindre M. de Rocroy, l’armure l’en empêche et la serre comme dans un étau. Quand il brandit son épée, tous les invités pillent l’armurerie pour s’en prendre à l’inconnu (qui tient toujours la baronne dans ses bras).

Une bataille fait rage. Au terme de celle-ci, on découvre ce qu’il y a dans l’armure : RIEN !

Étant donné l’état du Duc, le docteur ne voit qu’une solution: le faire quitter Sirvoise. Il l’emmène donc en Suisse. Cependant, un mois plus tard, son état n’a pas changé. Le docteur n’a plus d’espoir de guérison.

Le docteur, lui, connaît le fin mot de l’histoire. On lui raconte comment c’est terminé l’histoire. Les hommes ont cru frapper l’armure derrière la tapisserie. Cependant, quand il l’ont écarté, c’est une armure vide, qu’ils ont jugé abandonnée qu’ils ont trouvé. Aucune trace de l’autre. A côté de l’armure se trouvait une porte fermée qui donnait sur un labyrinthe de chemins.
Peu de temps après, le château a été revendu une misère à Lord Fairborough, le principal “rival” dans l’achat du château et, étant donné la description physique du bonhomme, ça aurait pu être lui dans l’armure… D’ailleurs, il semblerait que l’histoire du château hanté soit apparue pile poil quand le Lord a affirmé que le château serait sien. D’ailleurs, tous les domestiques du château travaillent à présent pour le Lord… Auraient-ils été de mèche ?

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En conclusion

Au début de l’histoire, j’ai été prise au jeu de ce château hanté, et, personnellement, j’y ai cru jusqu’au bout.

Je n’aime pas les nouvelles parce que j’ai l’impression de manquer d’informations, mais dans ce genre d’histoire, c’est exactement ce qu’il faut.  Il faut qu’on reste vague sur la fin, qu’on laisse planer le doute, qu’on laisse au lecteur le choix de l’interprétation, c’est ce qui rend une nouvelle “marquante” (et souvent dérangeante :p).
C’est vraiment dommage qu’il y ait eu cette explication finale. Je me serai volontiers contenter d’une note sur l’armure vide et de noter que c’est à présent le Lord qui possède le château avec une insinuation qu’il est derrière tout ça, sans pour autant insister dessus.

L’histoire n’est pas mauvaise, mais, à mon sens, elle pourrait être améliorée. Les idées sont là, mais la fin gâche toute l’ambiance qu’on a tenté de mettre en place.

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